Dresde au 16e siècle, Échos d’une Europe en mouvement
La Capriola
13/02/2026 | 18:00
Bruxelles
Cercle Royal Gaulois Artistique & Littéraire
BilletterieCercle Royal Gaulois Artistique & Littéraire
5 Rue de la Loi
Bruxelles
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Bruxelles
Belgique
Festival Festi'Vita
Pour en savoir plusProgramme
Hans Leo Hassler • Beati omnes qui timent Dominum • Cantiones sacrae, Augsburg (1591)
Hans Leo Hassler • O tu che mi dai pene • 24 Canzonette a quattro voci, Nürnberg (1590)
Carlo Farina • Balletto a 3 • Libro delle Pavane, Gagliarde, Brand, Dresden (1626)
Hans Leo Hassler • Vivan Sempre i Pastori • 24 Canzonette a quattro voci, Nürnberg (1590)
Antonio Scandello • Voria che tu cantass’una (XIV) • Canzoni napoletane a IIII. voci, Nuremberg (1566)
Pierre Sandrin • Qui souhaites avoir tout le plaisir • Vingtneufiesme livre contenant xxix. Chansons Nouvelles a quatre, Paris (1549)
Claude Gervaise • Pavane et Gaillarde sur Qui souhaites • Quart livre de danceries, Paris (1550)
Andrea Gabrieli • Angelus ad Pastores Ait • Ecclesiasticarum cantionum quatuor vocum, Venice (1576)
Hans Leo Hassler • Angelus ad Pastores Ait • Cantiones sacrae, Augsburg (1591)
Carlo Farina • Balletto a 3 • Libro delle Pavane, Gagliarde, Brand, Dresden (1626)
Andrea Gabrieli • Dunque fia ver | Sa questo altier | Deh, ferma, Amor | Ma di che debbo lamentarmi • Libro primo de madrigali a tre voci, Venice (1575)
Andrea Gabrieli • La Verginella è simile a la rosa • Libro primo de madrigali a tre voci, Venice (1575)
Hans Leo Hassler • Vater unser im Himmelreich • Psalmen und Christliche Gesänge, Nürnberg (1607)
Distribution :
Gabrielle Varbetian - canto
Elizabeth Sommers - violino alto & soprano
Dorine Lepeltier-Kovács - violino tenore
Manon Papasergio - violino basso
A la Renaissance, Dresde n’est pas seulement une capitale politique : c’est aussi une scène musicale effervescente, un véritable laboratoire sonore où se croisent les influences italiennes, françaises et germaniques. Le Consort La Capriola explore ces filiations et ces ruptures, dans une traversée de Dresde à l’aube du XVIIe siècle, aux heures où la musique bascule d’un monde à l’autre.
C’est dans ce contexte dynamique que se déploie notre programme, mêlant des parcours artistiques aussi riches que cosmopolites. Hans Leo Hassler, formé à Venise auprès d’Andrea Gabrieli, incarne la rencontre entre la rigueur contrapuntique allemande et l’expressivité italienne. Antonio Scandello et Carlo Farina, musiciens italiens établis à Dresde, joueront également un rôle central pour ce métissage culturel, créant un pont entre deux univers et annonçant les grandes innovations instrumentales à venir. Gregor Brayssing, luthiste dresdois exilé en France suite à la bataille de Mühlberg, met en tablature la musique française de la fin du XVe siècle, ouvrant la voie à un langage nouveau. Ces trajectoires croisées témoignent de la richesse des échanges musicaux européens. Ainsi, à la charnière des XVIe et XVIIe siècles, Dresde devient un creuset fertile d’expérimentations et de renouvellements stylistiques, annonçant le baroque naissant.
En Saxe, la cathédrale de Freiberg est bien connue des musicologues pour ses cinq statues d’angelots tenant des violons de la Renaissance — un bel indice de la tradition du consort de violons dans la région. Plusieurs copies de ces instruments ont été réalisées, mais nous avons fait le choix de jouer sur nos violons italiens, de facture crémonaise. Ce choix fait écho à l’esprit de l’époque : nos instruments s’inscrivent pleinement dans ce contexte d’échanges qui animait Dresde à la Renaissance. Les influences venues d’Italie y étaient fortes et ont grandement participé à transformer en profondeur la vie musicale locale. Ainsi, jouer ce programme accompagnées de violons italiens, c’est aussi prolonger et mettre en valeur ce grand dialogue musical qui trace les contours d’une Europe en mouvement.