Il Canto Nobile - Firenze 1620 : Jacopo Peri / Francesca Caccini/Marco da Gagliano

Concerto Soave

Direction musicale : Jean-Marc Aymes, clavecin & orgue


27/07/2022 | 21

Valloire

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France


Festival Valloire Baroque

Programme

Jacopo Peri : extraits de Le Varie Musiche a una, due e tre voci(1609/19)
Francesca Caccini : extraits de Il Primo Libro delle Musiche a una e due voci (1618)
extrait de La Liberazione di Ruggiero dall’Isola d’Alcina (1625)
Marco da Gagliano : extraits de Le Musiche a 1-3 voci (1615)
extrait de La Dafne (1607)

Distribution :

Maria Cristina Kiehr, soprano
Romain Bockler, baryton

Parmi les grandes figures musicales du seicento florentin, trois personnalités représentent à merveille l’aventure de la « nouvelle musique ». Si l’on connait bien Giulio Caccini, chanteur et compositeur, dont le titre du recueil paru en 1601, Nuova Musica, a donné son nom au mouvement musical verra la naissance de l’opéra, on connait moins son contemporain Jacopo Peri (1561-1633), et sa fille Francesca Caccini (1587-1641), ainsi que Marco da Gagliano (1582-1643), prolifique et génial compositeur dont il ne reste malheureusement que peu d’œuvres.
Lors de toutes ses apparitions, on couvrira Peri, que l’on surnomme affectueusement « il Zazzerino », de toutes les louanges comme chanteur. Il s’accompagne merveilleusement lui-même : ainsi lorsqu’il chante l’air d’Arion dans les célèbres intermèdes de La Pellegrina, représentés à Florence en 1589 en l’honneur du mariage de Christine de Lorraine avec Ferdinando de Medici. En 1600 on représente, toujours à Florence l’Euridice, premier « opéra » de l’histoire, composé par Peri et Caccini pour le mariage de Marie de Médicis avec Henri IV. Peri s’y produit comme chanteur, ainsi que la toute jeune Francesca, surnommée la Cecchina. Francesca connaitra une glorieuse carrière. Attachée au Grand -Duc de Florence, puis à Catherine de Lorraine, elle impressionnera fortement Henri IV de France lors d’un passage à Paris. Mais ce sont ses qualités de compositrices, nettement supérieures à celle de son père, que l’on peut apprécier de nos jours. Quant à Marco da Gagliano, il passa sa vie au service des Médicis, demeurant entre autres trente-cinq ans maître à la cathédrale de Florence, Santa Maria del Fiore. C’est toutefois à son opéra La Dafne, représenté en 1607 à Mantoue, qu’il doit sa notoriété actuelle.
Peri, Francesca et Gagliano publieront chacun un recueil de musique vocale, en 1609 pour Jacopo, en 1618 pour la Cecchina et en 1615 pour Marco. Ces trois livres représentent la quintessence du « style noble » florentin, ce chant si particulier, d’une incroyable audace harmonique, libéré des contraintes polyphoniques. Rien n’entrave ici l’expression brûlante du texte, et cette musique réclame des chanteurs une souplesse particulière pour déjouer les pièges d’une ornementation raffinée à l’extrême.
Si Maria Cristina Kiehr est une des chanteuses actuelles les plus à même de maîtriser ce style singulier, c’est Romain Bockler qui s’est imposé à Concerto Soave pour interpréter un tel programme. Le jeune baryton, fin connaisseur de la musique de la Renaissance, peut enfin donner une idée de l’impact qu’a pu avoir Jacopo Peri ou Francesca Caccini lors de leurs apparitions. L’association des deux chanteurs permet enfin d’entendre quelques-uns des splendides duos contenus dans les trois recueils, mais aussi de merveilleux extraits de La Liberazione di Ruggiero dall’Isola d’Alcina, unique opéra qui nous soit parvenu de Francesca, et de la fameuse Dafne de Gagliano.
Avec « Il Canto Nobile », nous sommes donc totalement immergés dans la Florence du début du seicento, cette période qui a vu la musique connaitre un de ses plus grands bouleversements.

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