Lamentazioni Leçons de ténèbres d’orient et d’occident pour soprano, ensemble baroque & oriental

Concerto Soave

Direction musicale : Jean-Marc Aymes


25/07/2022 | 18h30 / 20h30

Milan

Chiesa di S. Cristoforo sul Naviglio

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Milano Arte Musica

Programme

Girolamo Frescobaldi (1583-1643) Jod. Manum suam
Feriae V in Coena Domini, Lectio Terza
Manoscritto. Bologna, Biblioteca del Conservatorio



Autore Incerto Incipit oratio Jeremiae Prophetae
Sabbato Santo, Lectio Terza
Manoscritto. Bologna, Biblioteca del Conservatorio



Zad Moultaka (1967) Exercices de lumières I – II - III



Autore Incerto De Lamentatione
Sabbato Santo, Lectio Prima
Manoscritto. Bologna, Biblioteca del Conservatorio

Distribution :

María Cristina Kiehr, soprano

Clé de voute de l’année liturgique, la Semaine Sainte reste remarquable par ses mises en musique des Lamentations de Jérémie, chantées durant les offices nocturnes, les fameuses Leçons des ténèbres. Bien qu’il n’en reste que peu d’exemples italiens, comparativement au répertoire français, il existe toutefois un manuscrit, conservé au Civico Museo Bibliografico de Bologne, qui en contient vingt-trois. Si de nombreuses œuvres sont malheureusement anonymes, les noms de Frescobaldi, Mannelli (Carlo « della Viola »), Marcorelli, Rainaldi s’illustrent pour un certain nombre d’entre elles. La présence de compositeurs pratiquement tous d’origine romaine ou ayant travaillés à Rome, tend à faire penser que les autres pièces proviennent aussi du riche répertoire musical de cette ville.
Toutes ces œuvres magnifiques se caractérisent par l’intense dramatisation musicale, très italienne, des visions du Prophète, alors que les lettres hébraïques qui ouvrent les versets, avec leur ornementation calme et élégante, constituent autant de moments de repos dédramatisés. Les compositeurs utilisent, pour les mises en musique des terribles textes prophétiques, toutes les ressources du langage chromatique, des enchaînements harmoniques audacieux, des dissonances inouïes. Elles sont une expression parfaite du recitar cantando, cette nouvelle musique monodique inventée au début du XVIIe siècle, si propre à rendre les passions humaines (affetti), y compris les plus violentes.


Les exercices de lumières de Zad Moultaka
Zad Mouktaka a commencé à travailler avec Concerto Soave en 2011 pour créer avec le chœur les éléments La Passion selon Marie. Cette première rencontre autour d’un thème aussi sublime a aiguisé encore, s’il le fallait, le désir d’approfondir les échanges et les recherches sur les instruments et le tempérament baroque.
Ici est née l’idée d’associer aux Lamentations de Jérémie, un des fleurons du répertoire de l’ensemble, objet d’un disque salué unanimement par la critique*, des pièces ciselées par l’expérience des Passions de Zad Moultaka et de son travail de longue haleine sur les instruments orientaux, accompli au fil des ans avec son projet Mezwej. Le thème des « lamenti » se prête particulièrement au traitement musical, comme si toute plainte jaillissait entre cri et chant.
En Méditerranée, il suffirait d’être attentif aux survivances sonores, logées dans les anfractuosités des roches et disséminées dans la poussière du temps, pour entendre se déployer les chants suppliants de l’humanité. Ce sont ces échos que Zad Moultaka arrache à la matière pour les mettre en tension dans son écriture, ses « exercices de lumière ».
À travers ces lamentations, nous pouvons ainsi entendre ce qui fascina les compositeurs étrangers qui voyagèrent en Italie. Marc-Antoine Charpentier, pour ne citer que lui, lorsqu’il composa ses propres Leçons des ténèbres, ne fit ainsi que reprendre le modèle italien, qu’il avait sans aucun doute entendu lors de son séjour romain.
Mais les œuvres de ces artistes, dont la plupart, nous l’avons vu, travaillèrent essentiellement à Rome, plongent au cœur de l’expression des affects. Elles témoignent de la révolution qu’a connue la musique au début du seicento. Cette même révolution que le Caravage, qui avait donné quelques années auparavant d’étonnants chefs-d’œuvre pour les églises romaines, avait accomplie pour la peinture. Encore de nos jours, ces lamentations nous font partager avec un certain réalisme les douleurs humaines les plus profondes, métamorphosant, par le miracle de l’art, le cri en chant douleur.

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