18/12/2025 20 heures 30
Au train où vont les choses
Ensemble Kaïnos
Bonnefamille | Bonnefamille
Au train où vont les choses
Le train et l'art ? Un mariage impossible ? Comment un moyen de transport pourrait être l'inspiration d'artistes autant plasticiens que musiciens ? Cette question peut raisonnablement se poser pour nous, européens du XXIe siècle, car le train à perdu dans un peu de sa superbe depuis 50 ans et l’avènement du dieu voiture. Mais c'est oublier en quoi le train a été, pendant plus d'un siècle, le moyen de transport principal des français, le moins cher et le plus rapide, symbole de la modernité et de la révolution industrielle.
De « L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat « l'un des premiers film des frères Lumières qui provoqua, d'après la légende, des mouvements de panique lors de la première projection, en passant par les très beaux tableaux impressionnistes représentants des trains ou des gares, sans oublier bien sur le train, « personnage » presque obligé du western classique il aurait été étrange que le train n'inspira pas les compositeurs.
Le grand Hector Berlioz compose le « Chant des chemins de fer » en trois nuits, interrompant l’écriture de sa Damnation de Faust. Cette cantate pour orchestre, chœur et ténor solo fut créé en 1846 pour l'inauguration de la gare de Lille. Le texte très « pompier » de cette courte pièce nous plonge bien dans cette euphorie de la modernité qui caractérise le développement du rail dans la France du 19e siècle.
Dans « La Ronde des chemins de fer » extrait du Roi Carotte, Jacques Offenbach donne une description des plus comique du train par la voix de ses quatre héros, voyageurs dans le temps, à des pompéiens d'avant le Vésuve, assez incrédules.
Panthéon-Courcelle est un ovni dadaïste dans la production lyrique de Claude Terrasse. Sur un texte surréaliste de Georges Courteline, avec un accompagnement original confié à un piano, un orgue, une grosse caisse et une cymbale, la pièce décris dans une burlesque imitation du théâtre antique, la très longue et très lente progression du mythique omnibus entre Panthéon et Courcelle.
Pacific 231 est un mouvement symphonique d'Arthur Honegger inspiré par la locomotive à vapeur éponyme. Ce projet est issu de la musique d'accompagnement du film La Roue d'Abel Gance. Plus rythmique que mélodique, cette pièce d'un puissant effet évocateur, préfigure la musique répétitive, courant de composition très important de la seconde partie du XXe siècle, en particulier aux USA.
L'ensemble Kaïnos et un chœur participatif issu du territoire s'emparent de ces différentes œuvresles arrangent et les réinterprètent, comme un hommage allégorique et onirique au Rail.