Musiques envoûtées

quatuor Béla


04/10/2026 | 10h

Bruère-Allichamps

Abbaye de Noirlac

Billetterie

Abbaye de Noirlac

Noirlac

Bruère-Allichamps

Corrèze

Centre-Val de Loire

France


Pour en savoir plus

Regarder et écouter

Programme

Paul-Julian Quillier : « Les Chimères » Illusions et contredanses sur des chants Hildegarde Von Bingen (2025)
Giacinto Scelsi : quatuor à cordes n°3 (1963),
Gavin Bryars : quatuor à cordes n°6, « Arran"(2025),commande du Quatuor Béla et de l’Abbaye de Noirlac, Centre culturel de rencontre
Edo Frenkel : « Poetic forms, laisse, chanson de geste » (2025), commande du Quatuor Béla
Meredith Monk : « Stringsongs » - 1er et 2è mvts (2005)
Alfred Schnittke :Kanon « In Memoriam Stravinsky » (1971)
Frédéric Aurier : « Nef » pour quatuor à cordes spatialisé (2025), commande du Quatuor Béla

Distribution :

Frédéric Aurier, Constance Ronzatti, violons
Paul-Julian Quillier, Alto
Alexa Ciciretti, violoncelle

Un quatuor à cordes dans l’abbatiale de Noirlac ?! Avec sa réverbération de près de 12 secondes, celle-ci semble en effet bien peu appropriée à une formation au sein de laquelle la virtuosité ne souffre pas d’imprécision. C’est compter sans l’intrépide Quatuor Béla, familier depuis longtemps des espaces de l’abbaye. Son programme « Musiques envoûtées » a justement été conçu spécialement pour ce type d’acoustiques : réunissant des œuvres pensées pour le phénomène de résonance – dont la plupart a été commandée pour l’occasion –, ce programme fait de l’église un cinquième instrumentiste à part entière.
Ainsi la musique du jeune compositeur et chef d'orchestre américain Edo Frenkel (né en 1988), exploratoire et amoureuse du timbre et du spectre, saura titiller les pierres vénérables, les colonnes et les ogives, et les faire chanter de la manière la plus inattendue qui soit.
Ainsi Gavin Bryars, fameux compositeur anglais dont l’ensemble était l’invité des Matinales en septembre 2025, nous offrira son talent sincère et généreux pour une œuvre dont on imagine avec gourmandise la pureté minimaliste, tellement appropriée à de telles architectures, mais mâtinée de cette malice pataphysique et de ces élans postromantiques dont il est capable.
Cette pureté minimaliste illuminée également le rare Stringsongs, unique quatuor à cordes de l’Américaine Meredith Monk (née en 1942), dont les harmonies répétitives convoquent les échos d’un folklore imméorial.
Quant à Frédéric Aurier (né en 1976), violoniste du Quatuor Béla et donc fin connaisseur du jeu de ses trois camarades, il inventera avec délice le son du groupe diffracté aux quatre coins des transepts. Tous trois joueront avec ces anges musiciens qui, le saviez-vous ? nichent dans les triforiums et reproduisent les musiques qu'ils entendent, laissant croire aux mortels que la réverbération des églises est un phénomène physique et naturel.
Pour les encourager, quelques figures du passé viendront apporter leur touche personnelle. L'inclassable Giacinto Scelsi (1905-1988) par exemple, créateur d'une musique mystique et hallucinée, dont le Troisième Quatuor à cordes (1963) excelle à abolir le temps pour nous plonger dans l'infinie contemplation d'une note et de son écho. Ou encore Alfred Schnittke (1934-1998), avec son poignant Canon à la mémoire d'Igor Stravinsky... En ouverture de ce concert, l’altiste des Béla, Paul-Julian Quillier, nous invite à remonter encore le temps jusqu’à ce Moyen Âge originel, à travers un hommage aux chants d’Hildegarde de Bingen.
Le but de « Musiques envoûtées » n’est pas d'ajouter à la liturgie. Avec ce programme, le Quatuor Béla, s’il ne refuse pas la spiritualité immanente aux lieux de culte, au contraire – elle apparaîtra de toute façon en même temps que le son –, a voulu proposer des œuvres capables de mettre en résonance les édifices religieux, et inventer une musique qui serait conditionnée par son écrin.

Tous les concerts de l'ensemble